Alors que des signes flagrant mettent en exergue l'épuisement de notre Mère la Terre, le Monde se questionne encore et toujours sur l'utilité d'une réforme de notre mode de vie. Les puissants parlent de développement durable, d'industries respectueuses de l'environnement, de l'avènement des bio-carburants et d'autres chimères. Le développement durable n'est pensé que comme la voie à suivre pour polluer plus longtemps, sans apporter de solution vraiment durable.
Alors qu'en Occident, les partis écologistes ne suscitent que des haussements de sourcils amusés, l'économie trouve une nouvelle voie pour souiller les esprits: le marketing- écologique. Contre une somme défiant souvent les règles du bon sens, un pot de yaourt et une conscience vous sont vendus. Avec ce qui ressemble fort à des indulgences modernes, les plus nantis peuvent se permettre plus de faux- pas, puisqu'eux, au moins, ont une conscience environnementale. L'écologie telle qu'on nous la présente a déserté ses objectifs réels pour rejoindre les autres flèches dans le carcan du marketing.
Mais le détournement de l'écologie proposée ne s'arrête pas là, il est un autre outil de l'impérialisme des pays dits grossièrement "développés". Sous couvert de protection environnementale, ils cherchent à freiner l'élan économique des pays du sud, oubliant ainsi leur propre passé. L'Occident moralisateur et amnésique invente le droit de polluer, avec notamment un marché européen organisé en fonction des externalités de production. Ce droit de polluer range encore une fois les pays du sud dans un rôle de fournisseur de matières premières, empêchant ainsi un véritable développement économique, et accruant la dépendance des dits-pays aux biens de consommation manufacturés dans nos contrées.
L'économie, et plus globalement le bonheur qu'elle est censée nous apporter, fut toujours pensée en terme de croissance, et cela dans toutes les idéologies prédominantes du 20ème siècle. La théorie de la croissance infinie ne prend pas en compte le capital naturel qui est à notre disposition, ni les cataclysmes qu'elle laisse prédire. Dès les années 1980, l'empreinte écologique humaine dépasse le seuil critique, ce qui signifie en termes plus clairs, qu'à partir de cette époque nous outrepassons les capacités bio-productives de la Terre. La tendance a empiré, et les premiers symptômes de la maladie humaine se sont faits ressentir: réchauffement climatique, sécheresse accentuée avec le déboisement, inondations plus fréquentes, disparition d'espèces croissante, fonte de la calotte glacière, etc. Pour contrecarrer la tendance, il est nécessaire non pas de museler la croissance, mais de l'euthanasier. Des énormes sacrifices sont à consentir pour la préservation du bien le plus précieux que nous puissions posséder, la nature.
La pensée post-moderniste du développement économique est l'unique bouclier face aux ravages qu'on causé la révolution industrielle et ses excès. La révolution qui doit être faite est à la fois personnelle et globale, il s'agit ici de briser le joug de l'économie surpuissante afin de reverdir le blason de notre Terre.
Camarades, cette fois-ci l'ennemi n'est plus précisé, il est dilué en chacun de nous! Mettons un terme à la parenthèse de la consommation effrénée!